betty's blog

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lundi 13 février 2012

D'UDOXMAY A LUANG PRABANG

Udoxmay, dimanche 12 février 2012
Nous sommes arrivés hier à midi à Udoxmay, petite ville sans attrait. Comme de nombreux endroits dans le nord du Laos, les commerçants sont chinois et les affichages en chinois. Malgré le peu d'intérêt de la ville, de nombreux hôtels neufs fleurissent, constructions modernes et kitsch à la mode orientale. Notre hôtel est confortable et peu cher (10 €), grande chambre avec 2 lits (un grand et un petit), réfrigérateur, clim (dont nous n'avons pas besoin), télévision (sans TV5), wifi et grande salle de bain. Autre avantage de taille, nous pouvons faire sécher notre lessive sur la terrasse prévue à cet effet. En redescendant en plaine, nous avons abandonné le froid nocturne mais pas de grosses chaleur.
Demain matin sera la séparation avec Denis. Je prendrai le car pour Luang Prabang à 8 h 30 (horaire officiel de départ) pour 6 h de route de montagne. Je crois que je vais avoir du vague à l'âme après 2 mois passés accompagnée. Je vais pouvoir sortir les 2 romans que j'avais mis de côté.

Luang Prabang, lundi 13 février 2012
Grands départs et séparation ce matin. Denis est parti 15 mn avant moi pour la frontière chinoise. Il a retrouvé l'américaine (et son mari) de l'Alaska avec qui j'avais joué au Scrabble à Muang Ngoi. Mon car, prévu à 8 h 30, est miraculeusement parti à 8 h 35. Si je dois trouver un qualificatif pour ce car de 30 personnes, c'est « poubelle ambulante ». Tout y est défoncé et sale, on s'y entasse parmi les colis divers (les gros bagages, y compris une moto, sont quand même hissés sur le toit), on ouvre les strapontins entre les rangées de sièges, les enfants sont pris sur les genoux (même quand il y en a plusieurs). Nous n'étions que 3 occidentaux et comme la population du nord Laos est chinoise, ça crache à qui mieux mieux à travers les vitres. Et encore, comme le dit Denis, cette fois il n'y a pas de coqs embarqués !
Pendant la moitié du trajet (3 h), la route de montagne est mi-piste mi-route défoncée et comme le passager à mes pieds sur un strapontin se sentait mal, il demandait continuellement à ce qu'on ouvre ma vitre. Je n'avais pas mangé autant de poussière depuis la Birmanie l'année dernière. A mi-parcours, on a fait une halte déjeuner dans un restaurant au bord de la route. Rien ne me tentait, j'ai donc acheté des bananes. Avec le régime riz-banane, je redoute la réaction de mes intestins. La 2ème partie du trajet a été plus confortable, nous étions en plaine et la route était normale. Nous sommes arrivés avec 30 mn d'avance, à 14 h 30.


J'avais réservé une GH par internet et les 2 français rencontrés à la gare d'Udomxay ont pris le même tuktuk que moi pour s'installer dans la même GH. Comme il ne restait qu'une chambre avec un grand lit et que j'avais 2 lits, ils m'ont demandé d'échanger les chambres, ce qui ne me dérange pas.


La guest-house est très sympathique. Dans une coquette ruelle perpendiculaire au Mékong, à quelques mètres de la promenade le surplombant (nombreux restaurants en terrasses), dans un quartier résidentiel (vers la gauche en descendant du marché) abritant de jolies maisons, dont de nombreuses sont des guest-houses. La mienne est composée de 2 maisons d'un étage, côte à côte, avec escaliers et coursives en bois. La chambre est bien, avec clim, ventilateur, télévision, grande salle de douche.


En arrivant, je me suis installée sur la première terrasse au bord du Mékong pour déguster une assiette de fruits frais et mueslli. J'ai donné ma lessive (pantalons) à faire à la GH pour 0,80 € le kg, puis j'ai fait ma petite lessive et pris une douche. Il est maintenant 17 h 45 et la température devient agréable. Ce matin, je suis partie du nord avec la veste polaire mais à Luang Prabang, je peux la ranger pour la durée de mon séjour (2 jours).


Je ne sais pas si je retrouverai mes nouveaux copains (la trentaine) ce soir. De toute façon, j'irai sans doute manger des brochettes au marché et me coucherai tôt car la nuit dernière a été courte.

Denis vient de me téléphoner par Skype. Il vient d'arriver en Chine et a eu quelques difficultés à trouver un hôtel.

samedi 11 février 2012

RENCONTRES ET ROBINSONADES

Nong Khiaw, mardi 7 février 2012

Silence radio pendant les 4 jours passés à Nong Khwai où je n'ai fait que buller sur la terrasse au-dessus de la rivière pendant que Denis gambadait dans la montagne. Il faut dire qu'avec le temps et l'insuffisance respiratoire, j'ai quelque peu perdu mes facultés caprines. Nous avons rencontré des gens sympathiques, notamment une jeune femme (moins de 30 ans) qui voyage seule depuis 15 mois  et envisage de continuer encore 5 mois,  jusqu'à épuisement de ses économies. Elle est allée en Inde, Népal, Birmanie, Thaïlande, Laos, Cambodge, Indonésie, Malaisie. Nous avons également rencontré un québécois accompagné d'un guide rencontré par hasard à Luang Prabang et qui l'a emmené dans sa famille dans la montagne. Ce jeune laotien de 23 ans était moine bouddhiste dans son petit village à 13 ans. A 15 ans, il a demandé à ses parents à quitter le temple pour faire des études. Devant le refus de ses parents, il est parti seul, pieds nus, jusqu'à Luang Prabang où il a commencé ses études. Il a encore 3 ans à faire avant d'avoir un diplôme d'ingénieur en informatique, tout en travaillant dans une guest-house où il se fait exploiter par un négrier étranger (qui lui a gardé son téléphone portable quand il est parti quelques jours avec un client). Belle rencontre. Vu aussi un très sympathique canadien francophone de l'Ontario. Pour moi, ces rencontres sont mon plus grand plaisir dans les voyages.


On a tort de ne jamais lire les règlements des hôtels affichés dans les chambres. Dans notre dernière GH, on pouvait lire à l'article 6 (en anglais) : il est interdit d'amener une prostate (au lieu de prostituée) dans la chambre et d'y tourner des films pornos. Cela me rassure sur mon niveau d'anglais, je n'ai pas à avoir de complexe ici (en tout cas, je respecte le règlement et n'apporte pas ma prostate).


Ce matin, nous avons repris un bateau inconfortable (encore plus que le précédent) pour une heure de navigation jusqu'au village de Muang Ngoi (Muang signifie « village »). L'écrin de montagne avec le ruban de rivière est un vrai cadeau. L'envers du décor a été la recherche d'un hébergement, à 13 h en plein soleil. Nous avons arpenté toute la route (piste) traversant le village à la recherche d'une guest-house. On s'est séparé avec Denis pour chercher chacun de son côté mais les occupants d'un bateau parti quelques minutes avant le nôtre ont raflé toutes les chambres. Partout, on entendait le même refrain : Full ! Denis a fini par trouvé la dernière chambre dans un bungalow en bois et bambou. Ce n'est pas tout à fait sur la rivière mais c'est quand même sympathique. Et c'est à côté du temple où Denis pourra faire sonner le gong à loisir, si on ne l'enferme pas (le gong ou Denis ?). La douche devra être prise avant la nuit pendant qu'il fait encore chaud car ici, il n'y a que 3 h d'électricité par jour (18 à 21 h) et pas d'eau chaude. On va encore robinsoniser. Je posterai donc mon blog plus tard.
Je viens de m'apercevoir qu'on est dans un village « à coqs ». Donc pas d'inquiétude pour le réveil !


Nous pensons rester là environ 2 jours avant de continuer vers le nord. Je devrai être de retour à Luang Prabang le 13 où je resterai 2 jours avant de prendre un avion pour Chiang Mai en Thaïlande où j'ai pris la précaution de réserver une chambre dans la même GH que l'année dernière.

Muang Ngoi, mercredi 8 février 2012
Ce ne sont pas les coqs les plus redoutables la nuit, c'est le froid passant à travers les murs en bambou tressé et les lattes disjointes du plancher. Même avec 2 couvertures et un gilet, j'ai grelotté toute la nuit. De plus, le matelas était dur comme du bois. Je ne suis pas encore prête à concurrencer Robinson Crusoé. Donc ce matin, pendant que l'homme gambadait dans la montagne, la femme s'est mise en quête d'un hébergement hermétique. Il n'y en a pas beaucoup, on ne peut donc être difficile.  La douche est toujours froide (malgré le double du prix de la précédente GH) mais j'espère pouvoir dormir. Bien sûr, comme dans toute l'Asie du sud-est, il ne faut pas espérer une couche moelleuse, mais on verra bien.
Ce matin était jour de marché qui n'est que tous les 10 jours. On y voit des paysannes vendant leur production de 5 salades ou quelques fruits sauvages. Je peux comprendre que certains profitent de la manne touristique pour s'enrichir avec des cabanes faites de bric et de broc.


J'ai fait quelques rencontres en jouant seule. D'abord, ma voisine américaine (de l'Alaska, elle ne doit pas être très dépaysée) parlant parfaitement français qui s'est essayée au Scrabble en français. Puis au restaurant, un français retraité qui voyage plusieurs mois par an en Asie et vient pour la 5ème fois au Laos, notamment dans le nord qu'il adore. Ensuite, un de ses « amis » de voyage s'est joint à nous,et enfin il a accueilli un couple de retraités allemand charmant et francophone. 


Je ne sais toujours pas si nous partons demain car il doit y avoir suffisamment d'inscrits pour louer un bateau et remonter plus au nord. Ce sera la surprise. De toute façon, la région est magnifique, même sans bouger de la terrasse. Et puis, on se désintoxique de l'ordinateur, du téléphone et de l'électricité. Bon, c'est bien mais il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps.

Muang Khua, jeudi 9 février 2012
Jusqu'à ce matin, nous ne savions pas si nous pourrions partir car nous étions inscrits sur la liste des candidats au départ pour Muang Khua et le bateau ne part que s'il y a assez de passagers. Nous sommes passés au bureau de vente des tickets et, miracle, nous étions 7 inscrits ; il s'en est même ajouté un 8ème au dernier moment. La remontée de la Nam Ou dure 5 heures avec de nombreux rapides. Il y a eu un incident lors d'un arrêt « technique ». Pour descendre sur la berge (une plage sauvage), nous devions enjamber notre bateau (une grande barque) pour passer par une petite  barque amarrée au bord. Au moment du passage d'un italien corpulent, les deux embarcations se sont écartées et l'homme est tombée dans l'eau. Ce n'est pas très grave car il n'y a pas de profondeur sur la rive mais, outre ses vêtements et son appareil photo mouillés, il a perdu ses lunettes. Les enfants du petit village, attirés par ces touristes stationnant là, sont arrivés. Quand on leur a dit ce qui se passait, il se sont déshabillés en 2 secondes et ont plongé sous l'eau pour essayer de retrouver les lunettes dans de grands cris et battements de bras et de jambes, prenant plaisir au jeu. Le résultat a été un grand soulèvement de vase et pas de lunettes retrouvées. Heureusement, comme on dit, les italiens sont des français de bonne humeur (ou le contraire) et après avoir ouvert son bagage pour se changer, l'homme est remonté sur le bateau sans histoire.


Après 5 heures de navigation, cette fois j'étais dans un des 4 confortables fauteuils d'avion nous sommes arrivés au petit village de Muang Khuaw juché en haut d'une côte cruelle à mes bronches. Heureusement que j'avais mon sherpa. Le choix de guest-houses est très rapide : il n'y en a que 3 ou 4. Ce n'est pas le Ritz mais au moins il y a de l'eau chaude et de l'électricité, mais pas de wifi.


Comme nous étions affamés, nous nous sommes retrouvés à 16 h dans un des rares restaurants pour une collation. Nous n'étions pas les seuls ; nous avons passé 2 heures avec un italien plus italien que nature (des Pouilles) et une jeune française infirmière randonneuse en voyage pour 4 mois. Elle est tombée sous le charme du nord du Laos qui est totalement différent du sud, ne serait-ce que par le climat dû à la montagne et les paysages grandioses. Nous avons également été séduits par une petite fille d'environ 3 ans, à couettes, qui avait chaussé les chaussures de sa mère et nous faisait une danse locale avec de gracieux mouvements de mains. Ensuite, elle nous a fait une démonstration de compte jusqu'à 10 en lao et en anglais.


Denis a repéré une randonnée à faire demain, conseillé par une jeune française randonneuse. Comme le remarquait Franco, l'italien, il y a énormément de français en voyage au Laos.

Muang Khua, vendredi 10 février 2012
Ce matin, comme d'habitude Denis est parti en randonnée après le petit déjeuner. Je suis partie de mon côté de chaque côté du village où se côtoient les maisons modernes en dur et les masures traditionnelles en bambou tressé. Les habitants sont essentiellement chinois et vietnamiens. Une autre curiosité du village est que le bac est presque aussi long que la largeur de la rivière qu'il traverse. Il sera bientôt inutile car un grand pont est en cours de construction un peu plus loin, finan cé par les chinois comme presque toutes les infrastructures laotiennes.


J'ai rencontré mes nouveaux amis : un petit garçon et une très petite fille qui a pris la pose, les mains derrière la nuque, dès que j'ai voulu la photographier.

J'ai également croisé une jeune femme écossaise qui m'a demandé où elle pourrait louer une moto. Je l'ai revu au restaurant à midi où elle m'a proposé un trek de 2 jours où il fallait être au moins deux personnes inscrites. Bien sûr, je lui ai expliqué mon incapacité à ce genre d'exercice. Denis l'a également rencontrée et lui a acheté les yuans qu'elle avait rapporté de Chine.


Je me suis installée à la terrasse du restaurant surplombant la rivière vers 11 h et j'en suis repartie à... 18 h. J'ai d'abord joué à mes jeux (scrabble et rummycub) puis j'ai discuté tout l'après-midi avec un français stéphanois, enseignant retraité, en voyage de longue durée à travers l'Asie. Nous avons refait le monde et Denis nous a rejoints 2 heures avant de repartir en balade. C'est amusant et un peu frustrant ces rencontres de voyage ; on sympathise puis on se sépare avec peu de probabilité de se revoir.


Demain matin, nous partons à 7 h pour prendre un car nous menant à Oudomxay, noeud routier d'où Denis partira vers la frontière chinoise et moi vers Luang Prabang où je passerai 2 jours avant de m'envoler vers Chiang Mai en Thaïlande. Je pourrai enfin poster mon blog (car ici, s'il y a l'électricité, il n'y a pas de wifi).

samedi 4 février 2012

GRANDES FRAYEURS ET GRANDES JOIES

Nong Khiaw, samedi 4 février 2012

Jacklown est partie hier matin de très bonne heure pour rejoindre ses amis installés à Koh Samuy (couple franco-thaï). Mais auparavant, elle a eu (et nous aussi) une très grande frayeur. La veille au soir, en allant diner, elle s'est fait renversée par une moto. Elle traversait la rue devant nous et une moto sans éclairage est arrivée à toute vitesse (ici les motos ne roulent pas lentement) derrière une autre moto avec éclairage. Jacklown a bien vu celle-ci mais n'a pas pu voir la 2ème ; et comme les rues ne sont pas éclairées non plus, elle a été heurtée par la moto, heureusement par le côté (le conducteur a fait un écart au dernier moment pour essayer de l'éviter). Elle est tombée et a roulé sur le côté, devant nous. Nous avons eu très peur mais elle s'est immédiatement relevée avec quelques égratignures. Seul son pouce était douloureux ; il a tout de suite enflé et saignait (mais comme on le sait « le doigt est sanguinolant »). Le jeune conducteur souffrait d'une jambe, particulièrement au niveau du genou mais comme il s'est levé, on suppose qu'il n'y avait pas de fracture. Dans ces cas-là, il n'y a aucune intervention des pouvoirs publics. Seuls les riverains, en l'occurence les restaurateurs bordant la rue (le long de la Nam Khong) sont sortis pour prodiguer des encouragements. Le motocycliste a dû lui-même téléphoner avec son portable à sa famille (je suppose). Une restauratrice lao francophone a bien essayé de faire valoir que Jacklown avait provoqué le sinistre sur la moto et devrait payer la réparation, mais devant nos dénégations et celle même du jeune homme, elle a abandonné ses revendications. 


Nous sommes ensuite allés dans un restaurant proche pour diner et Denis est retourné à la guest house chercher sa trousse à pharmacie pour désinfecter les plaies, mettre des pansements autour du pouce et donner du  Dolipran, non sans un verre de lao-lao (alcool de riz ressemblant au marc). Jacklown était bien sonnée mais sa bonne nature a repris le dessus au bout d'une heure ou deux et nous avons pu rentrer à pied à la guest-house en plaisantant. Je pense qu'elle a pu consulter un médecin à Koh Samuy qui est bien pourvue en structures de soins (hôpital moderne notamment).


Hier matin, j'avais fait sonner mon réveil-téléphone à 5 h pour le départ de Jacklown à 5 h 30 mais elle était tellement stressée qu'elle m'a réveillée à 4 h en pensant que le réveil n'avait pas sonné. Comme je devait me lever peu de temps après son départ, je ne me suis donc pas rendormie.


Je suis partie avec Denis à 7 h 30 pour prendre le bateau de  9 h naviguant sur le Mékong et la Nam (rivière) Ou (et non Nam Khong comme je l'ai dit dans mon message précédent) pour une durée de 8 heures, assis inconfortablement sur des chaises basses en bois et tenus à l'immobilité pour cause de toit bas (on y accède plié en deux). Malgré cet inconfort, le paysage est un enchantement. La Nam Ou (un des multiples affluents du Mékong) serpente entre les montagnes majestueuses, tantôt calme comme un lac, bordée de plages de sable où jouent les enfants nus, tantôt prise d'une frénésie de lessiveuse dans les rapides. Notre bateau a d'ailleurs fait un arrêt pour changer une hélice cassée par un récif immergé. Cela semble être un incident fréquent car il y avait une pièce de rechange et le mécanicien l'a changée très rapidement. 


Les éléments végétaux se mêlent aux minéraux et à l'eau, notamment cet schiste parfois plissé comme une robe de Madame Grès.

Dans l'après-midi, nous avons eu une ou deux ondées légères mais suffisante pour transformer le village de Nong Khiaw en véritable bourbier. Effectivement, en descendant du bateau, nous devons remonter jusqu'au niveau du village par un immense escalier. Heureusement que SuperDenis était là pour porter ma valise (en plus de son gros sac à dos et le plus petit porté sur l'avant) car j'ai eu tellement de mal à monter les mains vides, que j'aurais été incapable de porter ma valise de 14 ou 15 kg en plus. En haut des marches, nous nous sommes retrouvés dans le bourbier provoqué par les  pluies récentes. Je n'ose imaginer ce que ce doit être pendant la mousson. Bien sûr, comme nombre de touristes, j'étais chaussée de petites sandales. Un jeune homme avait résolu le problème en se déchaussant complètement. 


Il était 16 h 30 et le soleil avait disparu derrière les montagnes, ce qui fait que les températures étaient plutôt fraiches. La météo indique 13° la nuit. On est loin des chaleurs accablantes du sud du Laos et du Cambodge. Notre guest-house, des bungalows surplombant la rivière (entourée de hautes montagnes) est équipé de couettes. La clim n'est pas utile ici.


Denis avait bien mérité sa bière à l'arrivée. J'ai retrouvé également le restaurant où j'avais dégusté pour la première fois l'année dernière un merveilleux lab (ou lap) de boeuf, petits morceaux de boeuf cuit, servi froid ou tiède, assaisonné d'herbes, d'ail et de beaucoup de piments. Contrairement à Denis qui a le palais blindé, je l'ai demandé « not too spicy » selon la formule utilisée fréquemment par les français. Je me souviens de l'année dernière où après la 1ère bouchée enchantée, je n'ai pas pu avaler les suivantes pour cause de palais anesthésié.


A ma grande surprise, nous n'avons pas été réveillés par les coqs (c'est bien la première fois depuis 1 mois ½ que je suis en Asie) mais par les voitures et camions circulant sur le pont juste au-dessus de chez nous). Les asiatiques sont matinaux.


Denis est parti ce matin en exploration pour... la journée ou la demi-journée. Je reste à garder la niche car ici tout monte, à commencer par les escaliers pour atteindre la route (nous sommes en contrebas).


Après Nong Khiaw, nous continuerons la montée vers le nord. J'ai prévu de redescendre ensuite vers Luang Prabang pour prendre un avion le 15 février pour la Thaïlande. J'ai essayé de faire une réservation ce matin sur le site Laoairlines mais je n'ai pas reçu mon code d'authentification de Boursorama. Avec les 6 h de décalage horaire, je dois attendre cet après-midi pour leur téléphoner. J'espère que je pourrai finaliser cet achat en ligne car ici on ne peut rien payer par carte, tout se paie en cash et je suis limité sans mes retraits, les DAB ne distribuent d'ailleurs pas plus de 100 €. Heureusement que je peux téléphoner par Skype.

jeudi 2 février 2012

LES ENVIRONS DE LUANG PRABANG

Luang Prabang, jeudi 2 février 2012


Hier matin, après un petit déjeuner roboratif, nous avons traversé la Nam Khan (affluent du Mékong) au confluent du Mékong par un petit pont de bambou. Nous apercevions le village en face de Luang Prabang, surtout les cultures en espaliers au bord de la rivière. Une grimpette (dur-dur) nous a menés au village de Ban Xang khong, spécialisé dans le tissage de la soie sauvage et la fabrication de papier artisanal. Nous nous sommes arrêtés dans un atelier où l'on voit travailler des femmes à plusieurs étapes de la fabrication : filage, bobinage, tissage. 

Des échantillons de végétaux utilisés comme colorants avec un tableau décrivant les couleurs obtenues sont présentés. Jacklown et moi nous sommes laissées tenter par de belles écharpes aux couleurs chatoyantes achetées chez un petit artisan et non au grand atelier avec show-room (3 fois plus cher). Après 3 heures de balade, nous avons retraversé par le même pont pour nous écrouler à l'ombre d'une terrasse pour un jus de fruit bien mérité, Denis et Jacklown préférant la bière.


Le soir, nous sommes retournés au marché de nuit où Jacklown a refait un tour des étals de produits « artisanaux ». Puis, nous avons été au marché d'alimentation acheter des assiettées de divers légumes (1 €) en libre service et j'y ai ajouté un blanc de poulet grillé en brochettes. Délicieux !


Ce matin, même petit déjeuner (on prend vite des habitudes) et exploration du village de l'autre côté du Mékong traversé par la navette-traversier. La montée au village de Ban Xien Maen a été difficile pour moi car la côte est longue et j'ai cru y laisser mes poumons. Traversée du village en long et en large, rien de transcendant mais on voit un peu plus de vie laotienne qu'à Luang Prabang plus aseptisée et occidentalisée. Le clou de la promenade a été la descente à l'embarcadère. J'étais contente à l'idée de descendre la côte qui m'avait tant fait souffrir à l'arrivée mais Denis, qui n'est jamais à court d'idées, a suggéré de descendre par un escalier de bois. Il faut reconnaître que l'option semblait séduisante jusqu'à ce qu'on s'aperçoive (trop tard) que l'escalier s'arrêtait au milieu de la colline ! On a donc continué à pied comme des chèvres. Malheureusement, la photo ne donne pas une juste idée de la hauteur et de l'a-pic. Non seulement, je ne suis plus très sportive mais en petites sandales à semelles lisses, cela relève de l'exploit. Je regrette seulement que la performance n'ait pas été homologuée et que mon mérite ne soit pas reconnu à sa juste valeur.


Demain matin, Jacklown part à 5 h 30 pour prendre l'avion pour Bangkok puis Kho Samuy chez ses amis. Je partirai 2 h plus tard avec Denis en bateau (7 h) pour remonter la Nam Khan jusqu'à Nong Khiaw au nord, où j'étais allée l'année dernière par la route. Ensuite, je ne sais si je continuerai plus au nord avec Denis que je devrais de toute façon laisser pour qu'il continue son périple vers la Chine où il doit passer 4 mois. Ensuite... wait and see (comme dit Denis « humide et mer »).

mardi 31 janvier 2012

LAOS DU SUD AU NORD . VOYAGE ET RETROUVAILLES

Luang Prabang, mardi 31 janvier 2012

Je ne suis pas venue donner de nouvelles depuis longtemps parce que... il n'y avait rien de nouveau. Nous avons passé 4 journées de farniente sur l'ile (fluviale) de Don Khon. Rien d'autre à faire que de regarder le Mékong parsemé d'iles et de bayer aux corneilles, bien que je doute de la présence de corneilles dans cette région. La chaleur ne me permettait qu'une promenade à partir de 16 h 30. J'y ai vu notamment une belle maison construite au milieu d'une ile miniscule, des enfants et des adultes jouer avec des pneus sur le Mékong, visité une « ferme bio », petite exploitation de culture de légumes biologiques créée et tenue par un jeune français, Alex, qui sert ses produits dans son « restaurant » au milieu de nulle part (20-25 mn à pied du Mékong par un petit sentier).

Le compte à rebours tournant pour Jacklown, nous avons dû nous diriger vers le nord. Quelle expédition ! Plus de 30 heures d'autocar. D'abord, traversée du Mékong en barque pour regagner le continent ; puis 4 h d'autobus (vendu comme minivan VIP) pour Paksé ; retrouvailles avec Denis à sa GH au centre de Paksé ; 8 h d'autocar de nuit de Paksé à Ventiane (capitale du Laos). Voyage difficile qui a d'abord commencé par une algarade avec le chauffeur de tuk-tuk qui voulait nous faire payer le double du prix qu'on avait payé pour venir l'après-midi (et qui est le tarif normal). Le légendaire calme asiatique en a pris un coup. Il voulait nous ramener au centre ville et remettait la valise de J dans le véhicule. Nous avons fini par céder (la différence était de 2 €...).

Ensuite, le véhicule qui nous avait été vendu comme VIP s'est transformé en car ordinaire avec couchettes mais les nôtres étaient au fond en « sous-sol » où nous devions ramper pour accéder à des matelas pour 4 personnes (les 2 autres étaient un couple de jeunes anglais avec moult percing et tatouage et nattes rastas). Les « couchettes » n'étant pas assez longues, je ne pouvais allonger complètement mes jambes. De toute façon, impossible de dormir juste au-dessus du moteur, même avec les bouchons dans les oreilles. De plus, Denis qui avait pris son billet lui-même, n'est pas parti de la même gare que nous et n'était pas dans le même car que nous. Nous l'avons retrouvé à Ventiane à 6 h du matin.

Nous avons traversé la ville en tuk-tuk pour aller de la gare routière sud à la gare routière nord où nous avons pris le car de 8 h pour Luang Prabang. Après un voyage de 11 h dont au moins 8 en montagne, nous sommes arrivés à Luang Prabang pour constater que la guest house que Denis avait réservé 2 jours avant et confirmé 1 h avant du car était complète. Le patron n'a pas semblé particulièrement ému et nous a laissé repartir avec notre barda dans la nuit (il était 20 h). Nous avons croisé des jeunes qui avaient la même mésaventure avec une GH voisine. Tout était complet. Heureusement, un patron de GH nous a dit qu'il en possédait une autre à 5 mn. Nous nous y sommes installés et allons certainement y rester. Il y a des points positifs et négatifs. En tout cas, la douche a été la bienvenue.

J'étais tellement fatiguée que je ne suis pas arrivée à dormir comme je l'avais espéré. De plus, la situation citadine de Luang Prabang n'empêche pas la présence des coqs toujours en forme même en pleine nuit. Ce matin, après un petit déjeuner dans le quartier avec Jacklown, nous sommes partis tous les trois en balade et repérage à travers les ruelles. Nous avons revu de fines galettes de riz sécher au soleil. Nous venons de rentrer à 15 h 30 après un arrêt dans... une crèperie.

J'apprends qu'il gèle à Paris. Même ici, on constate le refroidissement car nous atteignons 22° la nuit et devons remettre les couvertures.
Oups, pardon !

mercredi 25 janvier 2012

ILE ETAIT UNE DEUXIEME FOIS...

Don Khon, mercredi 25 janvier 2012


Ca y est, nous avons quitté le Cambodge pour arriver au Laos, après 5 h de car (y compris formalités à la frontière) et barque pour traverser le Mékong. Nous souhaitions aller sur l'ile de Don Khon où j'étais l'année dernière, réputée plus calme que la dévergondée Don Det, repaire des jeunes routards en quête de musique festive. Malheureusement, la nuit étant tombée (18 h 30), nous avons été obligées de descendre à Don Det avec la horde de jeunes qui étaient dans le même car. 


L'ile se repère de loin, avec ses guirlandes électriques et ses néons multicolores. Nous avons donc suivi le troupeau à la recherche d'une chambre pour la nuit. Partout, la même réponse fusait : full (complet), mais demain il y aura des chambres. Oui mais nous avions la faiblesse de vouloir dormir CETTE nuit-là justement. Nous étions accompagnées d'un français de la cinquantaine, compagnon d'infortune voyageant 6 mois sac à dos. Il a trouvé le premier une chambre (le terme gourbi semble plus approprié), nous lui avons laissé nos bagages en consigne et avons continué notre recherche mais en prenant la direction inverse à partir du « débarcadère » (un petit banc de sable). C'est ce que nous aurions dû faire en descendant de la barque au lieu de suivre bêtement le troupeau. Nous avons trouvé la dernière chambre dans ce qui semblait être un ensemble de jolis bungalows au bord du Mékong.

Heureusement que nous savions que ce n'était que pour une nuit et que nous avions galéré pour trouver car on peut dire que nous avons connu mieux. Quand j'ai ouvert le robinet du lavabo pour me laver les dents, j'ai eu la surprise de prendre un bain de pieds : il y avait bien un syphon sous le lavabo mais il n'était pas relié au dit lavabo ! Tout était à l'avenant. Quand même un point positif : le calme nous a permis quand même de passer une bonne nuit (il faut dire que la fatigue y était pour quelque chose) et chose qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps, une petite fraicheur pendant la nuit. Pas de chance, il n'y avait pas de drap de dessus (encore moins de couverture) sur le lit. Heureusement, nos paréos y ont pourvu.


Ce matin, nous avons retrouvé Thierry (compagnon de la veille) qui avait déjà discuté avec un batelier pour qu'il nous emmène à Don Khon à 9 h. Comme je ne me souvenais pas du nom de la GH où j'étais l'année dernière, il nous a déposé à un endroit plus habité qui se trouve à l'opposé (impossible à faire à pieds et pas de tuk-tuk ni de voiture sur l'ile). Nous nous sommes donc retrouvés dans une GH composée de bungalows en bois avec terrasse, en retrait du Mékong où nous ne serons dérangés que par les coqs. Le couple de la soixantaine qui tient cet établissement est francophone et charmant. J'ai lu sur voyage-forum qu'ils étaient d'anciens instituteurs. Je pense que nous allons passé un agréable séjour ici.
Demain, nous irons probablement visiter les cascades comme je l'ai fait l'année dernière. De toute façon, les 33 ou 34 ° ne sont pas très propices à de longues randonnées.