Nong Khiaw, samedi 4 février 2012

Jacklown est partie hier matin de très bonne heure pour rejoindre ses amis installés à Koh Samuy (couple franco-thaï). Mais auparavant, elle a eu (et nous aussi) une très grande frayeur. La veille au soir, en allant diner, elle s'est fait renversée par une moto. Elle traversait la rue devant nous et une moto sans éclairage est arrivée à toute vitesse (ici les motos ne roulent pas lentement) derrière une autre moto avec éclairage. Jacklown a bien vu celle-ci mais n'a pas pu voir la 2ème ; et comme les rues ne sont pas éclairées non plus, elle a été heurtée par la moto, heureusement par le côté (le conducteur a fait un écart au dernier moment pour essayer de l'éviter). Elle est tombée et a roulé sur le côté, devant nous. Nous avons eu très peur mais elle s'est immédiatement relevée avec quelques égratignures. Seul son pouce était douloureux ; il a tout de suite enflé et saignait (mais comme on le sait « le doigt est sanguinolant »). Le jeune conducteur souffrait d'une jambe, particulièrement au niveau du genou mais comme il s'est levé, on suppose qu'il n'y avait pas de fracture. Dans ces cas-là, il n'y a aucune intervention des pouvoirs publics. Seuls les riverains, en l'occurence les restaurateurs bordant la rue (le long de la Nam Khong) sont sortis pour prodiguer des encouragements. Le motocycliste a dû lui-même téléphoner avec son portable à sa famille (je suppose). Une restauratrice lao francophone a bien essayé de faire valoir que Jacklown avait provoqué le sinistre sur la moto et devrait payer la réparation, mais devant nos dénégations et celle même du jeune homme, elle a abandonné ses revendications. 


Nous sommes ensuite allés dans un restaurant proche pour diner et Denis est retourné à la guest house chercher sa trousse à pharmacie pour désinfecter les plaies, mettre des pansements autour du pouce et donner du  Dolipran, non sans un verre de lao-lao (alcool de riz ressemblant au marc). Jacklown était bien sonnée mais sa bonne nature a repris le dessus au bout d'une heure ou deux et nous avons pu rentrer à pied à la guest-house en plaisantant. Je pense qu'elle a pu consulter un médecin à Koh Samuy qui est bien pourvue en structures de soins (hôpital moderne notamment).


Hier matin, j'avais fait sonner mon réveil-téléphone à 5 h pour le départ de Jacklown à 5 h 30 mais elle était tellement stressée qu'elle m'a réveillée à 4 h en pensant que le réveil n'avait pas sonné. Comme je devait me lever peu de temps après son départ, je ne me suis donc pas rendormie.


Je suis partie avec Denis à 7 h 30 pour prendre le bateau de  9 h naviguant sur le Mékong et la Nam (rivière) Ou (et non Nam Khong comme je l'ai dit dans mon message précédent) pour une durée de 8 heures, assis inconfortablement sur des chaises basses en bois et tenus à l'immobilité pour cause de toit bas (on y accède plié en deux). Malgré cet inconfort, le paysage est un enchantement. La Nam Ou (un des multiples affluents du Mékong) serpente entre les montagnes majestueuses, tantôt calme comme un lac, bordée de plages de sable où jouent les enfants nus, tantôt prise d'une frénésie de lessiveuse dans les rapides. Notre bateau a d'ailleurs fait un arrêt pour changer une hélice cassée par un récif immergé. Cela semble être un incident fréquent car il y avait une pièce de rechange et le mécanicien l'a changée très rapidement. 


Les éléments végétaux se mêlent aux minéraux et à l'eau, notamment cet schiste parfois plissé comme une robe de Madame Grès.

Dans l'après-midi, nous avons eu une ou deux ondées légères mais suffisante pour transformer le village de Nong Khiaw en véritable bourbier. Effectivement, en descendant du bateau, nous devons remonter jusqu'au niveau du village par un immense escalier. Heureusement que SuperDenis était là pour porter ma valise (en plus de son gros sac à dos et le plus petit porté sur l'avant) car j'ai eu tellement de mal à monter les mains vides, que j'aurais été incapable de porter ma valise de 14 ou 15 kg en plus. En haut des marches, nous nous sommes retrouvés dans le bourbier provoqué par les  pluies récentes. Je n'ose imaginer ce que ce doit être pendant la mousson. Bien sûr, comme nombre de touristes, j'étais chaussée de petites sandales. Un jeune homme avait résolu le problème en se déchaussant complètement. 


Il était 16 h 30 et le soleil avait disparu derrière les montagnes, ce qui fait que les températures étaient plutôt fraiches. La météo indique 13° la nuit. On est loin des chaleurs accablantes du sud du Laos et du Cambodge. Notre guest-house, des bungalows surplombant la rivière (entourée de hautes montagnes) est équipé de couettes. La clim n'est pas utile ici.


Denis avait bien mérité sa bière à l'arrivée. J'ai retrouvé également le restaurant où j'avais dégusté pour la première fois l'année dernière un merveilleux lab (ou lap) de boeuf, petits morceaux de boeuf cuit, servi froid ou tiède, assaisonné d'herbes, d'ail et de beaucoup de piments. Contrairement à Denis qui a le palais blindé, je l'ai demandé « not too spicy » selon la formule utilisée fréquemment par les français. Je me souviens de l'année dernière où après la 1ère bouchée enchantée, je n'ai pas pu avaler les suivantes pour cause de palais anesthésié.


A ma grande surprise, nous n'avons pas été réveillés par les coqs (c'est bien la première fois depuis 1 mois ½ que je suis en Asie) mais par les voitures et camions circulant sur le pont juste au-dessus de chez nous). Les asiatiques sont matinaux.


Denis est parti ce matin en exploration pour... la journée ou la demi-journée. Je reste à garder la niche car ici tout monte, à commencer par les escaliers pour atteindre la route (nous sommes en contrebas).


Après Nong Khiaw, nous continuerons la montée vers le nord. J'ai prévu de redescendre ensuite vers Luang Prabang pour prendre un avion le 15 février pour la Thaïlande. J'ai essayé de faire une réservation ce matin sur le site Laoairlines mais je n'ai pas reçu mon code d'authentification de Boursorama. Avec les 6 h de décalage horaire, je dois attendre cet après-midi pour leur téléphoner. J'espère que je pourrai finaliser cet achat en ligne car ici on ne peut rien payer par carte, tout se paie en cash et je suis limité sans mes retraits, les DAB ne distribuent d'ailleurs pas plus de 100 €. Heureusement que je peux téléphoner par Skype.